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samedi 18 juin 2011

Arabie saoudite : femmes au volant, changements au tournant

Focus sur la campagne Women 2 Drive, qui vise à convaincre le roi Abdallah de donner aux Saoudiennes le droit de conduire



Les autorités religieuses saoudiennes interdisent aux femmes de conduire. Mais ce vendredi, dans le cadre de la campagne Women 2 Drive, certaines renverront leur chauffeur, prendront la route et klaxonneront, au risque de se faire arrêter. Au pays de l’or noir, ça bouge sous les abayas.

Les routes d’Arabie saoudite sont devenues un terrain de revendications. En mai, Manar Al-Charif, une informaticienne de 32 ans, se filmait au volant d’une voiture et postait la vidéo sur le YouTube. Rien d’extravagant vu d’Occident, mais un acte de bravoure pour ce pays dans lequel les femmes n’ont pas le droit de conduire. Arrêtée et détenue deux semaines, Manar Al-Charif est devenue le symbole de ces femmes qui n’en peuvent plus de dépendre de leur mari ou de leur père pour vivre.

Alors, des militantes ont lancé la campagne Women 2 Drive, qui, ce vendredi, incite les femmes à prendre le volant et à klaxonner. « Si les Saoudiennes privilégiées, qui ont fait leurs études à l’étranger – et souvent appris à y conduire –, ont été la locomotive de ce mouvement, il ne concerne pas qu’une élite de Riyad, mais toutes les classes sociales, dans tout le pays », explique la journaliste française Clarence Rodriguez, seule femme occidentale à être accréditée en Arabie saoudite. Car Women 2 Drive reflète surtout un problème social. « Un chauffeur coûte près de 400 euros par mois, poursuit Clarence Rodriguez. Et dans les familles plus modestes, les femmes dépendent du bon vouloir de l’homme de la maison. Les Saoudiens qui travaillent en ont assez d’être dérangés parce qu’il faut aller conduire le petit chez le docteur. »
Sauf une minorité de partisans d’un islam rigoriste, les hommes soutiennent donc cette campagne. Un consensus qui explique que les informations concernant Women 2 Drive sur le Web n’aient pas été censurées par les autorités.

Manar Al-Sharif, l’informaticienne de 32 ans qui, la première, a bravé l’interdiction de conduire


L’appui de la princesse Adelah

Sur la page Facebook de Women 2 Drive, pas de photo d’une Saoudienne délurée, mais une représentation du roi Abdallah. Il est conseillé aux femmes de conduire accompagnées de leur tuteur, d’être correctement voilées et d’emporter le drapeau saoudien. « Ce sont des musulmanes pratiquantes et elles font la différence entre la tradition et ce qui est inéluctable pour faire avancer leur pays », explique Clarence Rodriguez. Leur objectif ? Convaincre le roi d’éditer un décret autorisant les femmes à conduire.

En Arabie saoudite, 45 % des femmes de 25 à 29 ans sont sans emploi, alors que 78 % d’entre elles ont un diplôme universitaire. Pouvoir conduire leur permettrait aussi de travailler plus facilement. Le roi Abdallah, plutôt réformateur, entend leurs revendications : il y a quelques semaines, il leur donnait la permission de travailler dans les laboratoires de produits pharmaceutiques et dans les magasins de lingerie. Ces emplois étaient jusque-là réservés aux hommes.

Les Saoudiennes ont aussi avec elles l’influente princesse Adelah qui souffle dans l’oreille de son père. « C’est lent, mais ça bouge, résume Clarence Rodriguez. Ce qui rend ces femmes d’autant plus optimistes et déterminées. » Si le Conseil consultatif saoudien s’est prononcé récemment pour le vote des femmes aux élections municipales de 2015, les choses pourraient évoluer dès le prochain scrutin, le 22 septembre. « Une partie des membres des conseils municipaux est nommée par le roi, et il se pourrait qu’il choisisse des femmes », confie Clarence Rodriguez. Si l’Arabie saoudite a raté le coche du printemps arabe, il se pourrait que ses femmes récoltent les fruits de leur courage.
source: Madame Le Figaro



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