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jeudi 23 juin 2011

Un Van Gogh peut en cacher un autre

À gauche: «Autoportrait», 1887, par Vincent Van Gogh. Cette huile est désormais considérée comme un portrait de Théo Van Gogh . À droite : «Autoportrait» , 1887, par Vincent Van Gogh.
 

L'un des premiers autoportraits du peintre représenterait, en fait, son frère Théo, affirment des chercheurs.

À Amsterdam, la compétition entre les musées fait rage. Le principal, le Rijksmuseum, est en chantier au moins jusqu'en 2013. Du coup, le nouvel et spacieux Hermitage n'hésite pas à aller sur ses brisées en préparant pour l'automne une importante exposition consacrée aux maîtres flamands Rubens, Van Dyck et Jordaens grâce au prêt de soixante-quinze huiles de premier ordre venues de Saint-Pétersbourg.
Au milieu, le Van Gogh Museum (VGM) tente de tirer son épingle du jeu. Pour lancer son exposition estivale consacrée aux années anversoises et parisiennes du plus maudit des génies de la peinture (*), il vient de révéler les conclusions d'un catalogue de plus de six cents pages, uniquement centré sur cette courte période allant de 1885 à 1888. Apparemment, elles sont retentissantes, invitant même à réviser une histoire que l'on croyait sûre.
La principale information est la remise en question d'un des premiers autoportraits du peintre: ce serait en fait une représentation d'un frère. Pas n'importe lequel: Théo, le galeriste. Celui qui fut l'indéfectible confident et protecteur de l'artiste jusqu'à son suicide en 1890, et qui ne lui survécut que de six mois.
Personne parmi les historiens de l'art n'expliquait pourquoi Vincent n'avait jamais peint son cadet de cinq ans. Celui-ci lui était pourtant dévoué à l'extrême, bataillant sans trêve pour lui trouver des clients, supportant son caractère dépressif, offrant le gîte et le couvert pendant deux ans au 52 rue Lepic, à Montmartre… En retour, Vincent l'adorait. En témoignent les 652 lettres subsistantes qu'il lui a écrites tout au long de sa vie, excepté au cours de cette période où ils vécurent ensemble. Elles sont conservées au sous-sol du VGM, dans un coffre-fort laboratoire accessible uniquement aux chercheurs.
Dans un communiqué publié mardi, jour du vernissage, Louis van Tilborgh et Ella Hendriks, respectivement restaurateur en chef et principal chercheur du musée, affirment qu'en définitive le cadet figure bien dans l'œuvre de l'aîné. « On voit Théo dans un tout petit tableau (19 × 14 cm) datant du printemps 1887, un portrait sur carton de trois quarts avec chapeau, à dominante bleue, assurent-ils . Des doutes étaient soulevés depuis 1958, nous confirmons. » Leur thèse s'appuie notamment sur la comparaison avec un autre petit portrait de trois quarts exécuté à peu près la même date, également conservé au VGM. « À travers ces deux tableaux, les plus petits jamais peints par l'artiste, des différences nous sont apparues de manière frappante », soutiennent les experts.

Ils reposent l'un à côté de l'autre

Dans la première œuvre, le personnage a les joues rasées ; la barbe, taillée en fin collier, n'est pas rouge mais plutôt ocre. Enfin, l'oreille visible (celle de gauche, la fameuse, celle qui sera coupée en décembre 1888) est plus ronde, moins pointue.
«Vincent et Théo se ressemblaient physiquement, mais ici on repère leurs traits caractéristiques », concluent-ils. Toutefois, si l'on suit leur raisonnement, un élément semble curieux: Théo porte un chapeau de paille, symbole du peintre de plein air, alors que Vincent arbore un feutre, typique du marchand parisien. «C'est peut-être une interversion voulue, une blague faite par l'artiste » , avancent les auteurs du catalogue. Sont-ils trop catégoriques ? Le VGM a-t-il privilégié l'effet d'annonce aux conditionnels de ri­gueur ? Ce genre de tentation existe dans les musées, surtout au moment de l'ouverture de leurs grandes expositions.
Récemment, par exemple, lors d'une rétrospective Van Gogh à la Royal Academy, ce musée anglais a soutenu qu'on pouvait trouver dans Nature morte aux oignons (1889) la cause de la crise de démence du peintre. Certes, ce dernier a souvent parsemé son travail d'indices révélateurs, mais ils ne sont pas toujours aussi clairs que la pipe sur une chaise, le symbolisant, ou que la bougie posée sur un fauteuil, figurant Gauguin. Louis van Tilborgh et Ella Hendriks viennent par exemple de trouver que le célèbre Jardin des amoureux offrait une vue non pas d'Asnières mais de Montmartre. Et que l'oiseau qui vole dans Champ de blé avec une alouette, se révèle être… une perdrix.
En ce qui concerne l'énigme du portrait, on pourra toujours penser que l'histoire ne fait pas si mal les choses: Vincent et Théo demeurent réunis à jamais au cimetière d'Auvers-sur-Oise où ils reposent l'un à côté de l'autre. Pourquoi n'auraient-ils pas fusionné aussi volontairement dans la peinture?


Une exposition qui permet de réviser de nombreuses certitudes

Le musée Van Gogh d'Amsterdam conserve quelque deux cents peintures et environ cinq cents dessins du maître. Cette collection, la plus grande et la plus représentative de son travail dans le monde, a été donnée par la famille de l'artiste. Elle est constamment analysée, discutée et interprétée sur place.
La nouvelle publication Vincent van Gogh, Peintures 2. Anvers et Paris, 1885-1888 (en anglais) est le deuxième volume d'une monumentale série voulue et conçue par l'institution. Elle se concentre sur 93 œuvres exécutées au cours d'une période relativement moins importante que la provençale ou celle d'Auvers-sur-Oise mais qui témoignent d'un développement rapide.
Van Gogh part d'une esthétique réaliste pour aller vers un message idéaliste en s'appuyant sur les réalisations des impressionnistes. Ses influences sont diverses mais nettes. Le catalogue les évalue précisément, notamment celle du peintre provençal Adolphe Monticelli, des écoles impressionnistes et néo-impressionnistes, et des estampes japonaises. Il s'attarde également sur les aspects matériels comme les changements qui surviennent dans l'utilisation de certains pigments. Le tout en dit long sur l'amour de l'expérimentation et la quête de la diversité dans la technique.
Le livre comporte 550 illustrations, soit la totalité des travaux connus mais aussi les œuvres d'autres artistes vues par Vincent Van Gogh (99,50 € pendant la durée de l'exposition, 145 € ensuite).
«Van Gogh à Anvers et Paris» jusqu'au 18 septembre.
www.vangoghmuseum.nl
source:Le Figaro.fr 



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